👊 Un collègue qui affirme : « Il faut 1 heure pour faire ça », alors qu’il n’a jamais touché à la machine de sa vie ?
👊 Un manager qui lance « L’intelligence artificielle va régler ce problème », sans comprendre la complexité de vos données ?
C’est l’effet Dunning-Kruger : les personnes les moins compétentes surestiment leurs capacités. À l’inverse, les experts doutent souvent d’eux-mêmes, car ils mesurent l’étendue de ce qu’ils ignorent.
Dans une PME, industrielle ou de service, ce phénomène n’est pas juste une anecdote: c’est un frein direct à la performance.
Quand l’ignorance prend les commandes
Exemple dans un atelier :

Exemple dans un bureau :
Le cycle Dunning-Kruger
C’est assez simple :
- Je surestime ma compétence (je crois que je sais).
- Je sous-estime la compétence de l’autre (je ne réalise pas qu’elle en sait plus que moi).
- Si ne corrige rien, je reste sur la « montagne de l’ignorance ». Et je ne le sais pas !
- Si je m’en rends compte (souvent parce que la réalité me « met le nez dans mon ignorance »), je prends conscience que je ne sais rien. Je tombe dans la vallée de l’humilité.
- Et je commence à chercher à en savoir plus. C’est parfois un gros travail et il me permet d’atteindre le plateau de la sagesse, ou peut-être plus justement celui de la connaissance.
Pourquoi c’est dangereux ?
Les risques sont élevés :
- Perte financière : Les décisions hâtives basées sur une vision simpliste conduisent souvent à refaire le travail deux fois (ou à gérer de la casse).
- Risque Sécurité : En industrie, sous-estimer un risque par ignorance peut conduire à l’accident.
- Démotivation : Rien n’est plus frustrant pour un collaborateur compétent que de se voir imposer des solutions absurdes par quelqu’un qui « croit savoir ». Ceux qui connaissent vraiment le sujet se taisent, complètement démotivés, ou partent.
- On perd l’exigence : à force de se contenter de ce que l’on croit juste, on perd l’habitude d’avoir une approche fondée sur les faits, sur la pensée critique, le raisonnement, la recherche permanente de l’amélioration.
Trois Méthodes pour se protéger (et protéger son équipe)
1. Pratiquer le « Je ne sais pas » stratégique
Avant de trancher, posez-vous la question : « Sur quoi est fondée mon opinion ? Des faits ou une intuition ? ». L’outil : La règle du « Pourquoi ? ». Si vous ne pouvez pas expliquer le « pourquoi » technique d’une décision, c’est que vous ne maîtrisez pas assez le sujet. Allez chercher l’info.
2. Aller au « Gemba » (Le terrain)
Ne décidez jamais du haut de la « Montagne de l’ignorance » (le sommet de la courbe de Dunning-Kruger). L’action : Avant de valider un changement de process en usine ou un nouvel outil au bureau, passez du temps avec ceux qui vont l’utiliser. Demandez-leur de vous expliquer ce qu’ils font, quels problèmes ils résolvent au quotidien. Vous serez surpris de la complexité réelle des choses.
3. Instaurer l’avocat du diable bienveillant
Créez un espace où le doute est valorisé. La méthode : En réunion, nommez officiellement une personne chargée de poser les questions qui fâchent : « Et si on se trompait ? », « Quelle est la pire chose qui puisse arriver si on fait ça ? ». Cela force à sortir de la pensée magique pour revenir au concret.
Et maintenant ?
Alors, vrai ou faux : « En entreprise, la performance ne vient pas de celui qui a réponse à tout, mais de celui qui sait interroger les bonnes personnes, poser des questions. »
😊
Avez-vous d’autres exemples de cette ignorance qui nous fait croire que l’on sait mieux que les autres ?
PS. je vous recommande l’écoute de l’épisode 80 du podcast « Les intelligences collectives » . C’est ce podcast qui m’a inspiré l’envie d’écrire cet article.
