Vous vous doutez bien que mon titre est une provocation ! Je crois beaucoup au savoir, je cherche en permanence à en acquérir et à le partager. Mais je vois aussi que le savoir a beaucoup d’effets pervers. Je vois des dirigeants ou des responsables qui veulent à tout prix éviter de dire qu’ils ne savent pas. Et j’entends des “dialogues” entre collègues ou subordonné et supérieur hiérarchique dans lesquels personne ne s’écoute vraiment, tous cherchent à dire ce qu’ils savent ou croient. Je me rends également compte mon ignorance des métiers de mes clients est souvent un atout pour les aider au mieux. Alors vaut-il vraiment mieux savoir ?

Dans cet article, je souhaite réfléchir au rôle du manageur vis à vis de son équipe. Et je me demande en particulier si ce qui caractérise le bon manageur c’est son savoir ou son attitude ? C’est un sujet auquel je réfléchis souvent. Aujourd’hui, la réflexion m’a été inspirée par cet article de l’Institut Lean France : “Aptitude ou attitude. Une question d’altitude“. L’article, que je vous invite à aller lire, commence par une belle citation de Gandhi, ci-dessous puis explicite la bonne attitude à avoir pour que les contacts avec les équipes soient l’occasion pour tous de grandir, de développer leurs compétences, et d’aligner les visions.

Vous avez beau avoir toutes les aptitudes, si vous n’avez pas l’attitude vous ne réussirez pas .

Gandhi

Position haute ou basse, une question de posture

La position haute est celle du sachant. C’est celle du chef qui donne des ordres, du professeur qui transmet ses connaissances, de l’adulte qui juge l’enfant,… C’est une position fréquente dans nos organisations encore très hiérarchiques. On s’ attend à ce qu’une personne qui détient du pouvoir adopte une position haute.

La position basse est au contraire celle de celui qui reçoit l’enseignement, qui cherche à comprendre la position de l’autre, qui écoute. Selon l’article cité plus haut, la posture basse mobilise trois compétences :

  • L’écoute : écouter sans interrompre, sans réfléchir en même temps à ce que l’on va répondre. Et ensuite, reformuler pour vérifier qu’on a bien compris ;
  • Le questionnement : idéalement pour mieux comprendre la façon de penser de son interlocuteur ;
  • L’absence de jugement.

Manager, en position haute ou en position basse ?

Ces trois compétences sont souvent bien peu développées chez les cadres et dirigeants (et encore moins chez les consultants 🙂 ). En effet ces fonctions sont souvent associées au fait de connaître la réponse ! On croit donc souvent qu’un bon manageur (ou dirigeant ou consultant) doit se placer en position haute. Je vois beaucoup de personnes qui croient aussi qu’en tant que subordonné(e)s, elles doivent être en position basse même si elles ont une idée très claire des choix qu’il faudrait faire…

Selon moi c’est une erreur de considérer qu’un bon manageur, dirigeant (ou consultant) devrait être en posture haute tout le temps. Et inversement, un bon subordonné ne devrait pas non plus être en posture basse tout le temps.

Le manageur, le dirigeant, le consultant sont souvent dans des situations où celui qui en sait le plus sur la situation est son interlocuteur. Dans ce cas, il/elle sera très utile pour aider l’interlocuteur à mieux utiliser les informations dont il/elle dispose. On gagnera beaucoup à aider son interlocuteur à à prendre du recul, à donner du sens à ce qu’il voit ou fait, à nourrir sa réflexion. Et si c’est ce que l’on recherche, on adoptera une position basse. Ainsi le manageur contribue à créer un cadre de travail qui favorise l’expression, valorise les pratiques de terrain et accueille les erreurs.

Il arrivera également que manageur, le dirigeant (ou le consultant) adopte une position haute. Ce sera le cas lorsqu’il/elle définir le cadre et les règles de fonctionnement, les objectifs.  Mais la plupart du temps il/elle veillera à adopter une position basse sur le contenu afin de favoriser la participation, la créativité et l’autonomie de tous ses collaborateurs.

Comme un coach ou un facilitateur, le manageur gagne à se mettre en position haute sur le cadre et le processus, en position basse sur le contenu.

Qu’en pensez-vous ?

Je suis convaincue que la plupart des situations s’améliorent dès que l’on parvient à y appliquer un peu d’intelligence collective. Je ne crois pas au mythe du dirigeant omniscient qui aurait la bonne réponse à tout. Et je vois tous les jours dans les entreprises des équipes peu autonomes, avec des responsables qui se plaignent du peu d’initiative. Mon sentiment, c’est qu’il suffirait que les responsables apprennent à adopter une posture basse pour que leurs collaborateurs commencent à développer leur capacité d’action.
Qu’en dites-vous ?

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