Le changement serait la clé pour s’adapter à un monde en évolution rapide et pour rester compétitif. C’est bien de décider de changer mais il faut le faire ! Du PDG qui décrète un changement dans son entreprise à l’individu qui veut changer sa vie, chacun se heurte à la difficulté de mise en œuvre concrète de ses décisions. Pour changer ou provoquer le changement, il faut mieux comprendre l’origine de la fameuse et malheureuse « résistance au changement » que chacun de nous a déjà pratiquée.

J’ai l’habitude de faire comme ça et c’est très bien

L’auteur d’un glossaire exhaustif et très bien fait (mais en anglais) s’est intéressé à l’habitude. Il indique qu’il faut trois semaines pour éliminer une habitude, même si c’est quelque chose de simple. Il nous invite à faire le test suivant :

Demander à un groupe de personne de lacer leurs chaussures. Ensuite, demandez-leur de refaire la même chose mais en inversant le rôle de chaque main.

On se rend compte qu’il nous faut faire et refaire cette nouvelle technique de nombreuses fois avant d’y arriver. Ce n’est que lorsqu’on maîtrise ce nouveau processus qu’on peut réellement en juger l’efficacité.

Pour changer, il faut créer de nouveaux automatismes

Dans l’article « combien de temps faut-il pour prendre une habitude ?», en anglais également,  Jeremy DEAN fait clairement la différence entre le temps qu’il faut pour obtenir une nouvelle pratique et la durée nécessaire pour que cette nouvelle pratique devienne un automatisme.

De petits changements et tout est différent – texte : “pour les visiteur” (sic)

Mettre en œuvre une nouvelle pratique est affaire de contrôle : contrôle sur soi, par un supérieur  hiérarchique ou par des collègues ou amis. Vous avez décidé d’aller courir chaque jour avant le petit-déjeuner. Ca deviendra une habitude si vous avez assez de force de caractère ou si vos proches vous y poussent suffisamment. Ca deviendra un automatisme un jour lorsqu’en vous levant vous enfilerez votre tenue de sport et vous irez courir sans avoir eu besoin d’y penser. Une étude publiée récemment Lally et al. (2009), et citée par Jeremy DEAN, indique qu’il faudrait jusqu’à 60 jours pour que cette habitude en soit réellement une, qu’elle devienne automatique. Tant qu’elle ne l’est pas, le seul moyen d’opérer le changement est de contrôler et de soutenir ceux qui doivent modifier leurs habitudes.

Faciliter le changement par les petits pas

« Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. » Lao Tseu

Au lieu de faire de gros changements en une fois, on peut préférer faire de petits changements. C’est une bonne solution lorsqu’elle est possible. La résistance au changement est « endormie » par la petitesse de la modification (lire « Vainquez la résistance au changement pour améliorer l’avenir de votre entreprise », auquel j’ai emprunté la citation de Lao Tseu). L’intérêt de cette politique des petits pas qu’on attend que chaque changement unitaire soit devenu automatique avant d’en introduire un autre. C’est beaucoup plus facile pour les individus de s’approprier les nouvelle pratiques progressivement.

Favoriser la participation de tous à la conception des changements à venir

« Les entreprises dans lesquelles les personnels ont apporté leurs propres idées et pensées pour structurer ou co-créer le changement ont environ 3 fois plus de chances de réussir leur initiative » – selon une étude de McKinsey en janvier 2010

Les employés devraient donc s’approprier le changement avant même qu’il ne soit effectif. C’est aussi ce que démontrent de nombreuses expériences vécues :

Demandez à quelqu’un de changer ses pratiques. Il vous répondre que ce n’est pas possible ou vous démontrera que c’est beaucoup moins efficace que le statu quo. Demandez-lui d’essayer pendant une période (variable selon la nature des modifications) et dites qu’il participera à la décision et que ce choix sera fondé sur les faits concrets recueillis durant l’essai. Si l’idée à essayer était bonne, l’employé impliqué dans l’essai et la décision proposera spontanément de décider de transformer l’essai en un standard de fonctionnement.

Pour réussir le changement, il nous faut accepter que c’est difficile à réaliser et il faut associer les personnes impactées à la conception du nouveau processus, à son expérimentation et à sa validation.

Qu’en pensez-vous ? Avez-vous des témoignages de changement réussi ou non à partager avec nous ?

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