J’inaugure une série d’articles portant sur l’usage des données en entreprise. Pour commencer, nous allons commencer par nous frotter à une première difficulté, celle du vocabulaire ! Ce premier article est exploratoire, il vise à cerner le sujet mais ne propose rien de concret pour l’instant !

Pas de vocabulaire français défini sur le sujet

J’ai fait des recherches sur la notion de « data literacy« , ce qui correspond plus ou moins à avoir un socle de compétences relatives aux données, c’est à dire à ne PAS être illettré en matière de données. J’ai eu beaucoup de mal à trouver des documents en français sur le sujet.

Des événements commencent à se créer sur le sujet en France :

  • La « Data Literacy Conference » se tient à Aix en Provence depuis 2016. LA dernière édition a eu lieu en octobre 2018 ;
  • la matinée « Data et innovation » organisée à Rennes en octobre par l’agence Le Phare et la communauté les « Datamaniaques« 
  • Un breizh data day a été organisé en octobre 2018 en partenariat entre la CCI d’Ille et VIlaine et l’association Breizh Data Club. Cette association se définit comme « Le club breton des amoureux de la donnée » !

On voit donc poindre une pensée française sur ce sujet de la data literacy. En attendant qu’un vocable français soit défini, je continuerai à utiliser « data literacy ».

Qu’est-ce que la data literacy ?

La « littératie » des données consiste à permettre à tout décideur, collaborateur, innovateur, entrepreneur, chercheur ou citoyen d’en comprendre les enjeux, d’en discuter les sources et les usages, et d’en tirer parti dans sa propre activité. Dans les entreprises et les administrations, à l’école, dans la recherche comme dans la société, la capacité de produire, comprendre et utiliser des données numériques devient une compétence essentielle.  – Page de la Data Literacy Conference de 2018« 

geralt / Pixabay

Un article Wikipedia en anglais définit la data literacy selon trois angles :

  • Quand on parle de données scientifiques (et probablement des données utilisées au travail), il s’agir de la compréhension de la donnée numérique ou statistique comme source d’information : comprendre la signification des données, réaliser des graphiques adaptés, tirer des conclusions justes et reconnaître l’utilisation malhonnête ou incorrecte de données ;
  • quand on parle de l’éducation des populations, la data literacy corresponds à la connaissance de ce que sont les données, comment elles sont collectées, analysées, visualisées et partagées ainsi qu’à la compréhension des applications, bénéfiques ou non, dans le contexte culturel de la sécurité et de la vie privée ;
  • Quand on parle très spécifiquement des compétences que recherchent les employeurs pour tous leurs salariés, la data literacy correspond aux compétences pour trouver, manipuler, gérer et interpréter les données, en incluant aussi bien les nombres que les textes et les images.

Dans un article intéressant de l’académie Axis sur l’intérêt de démarrer en pensant l’usage des données, l’auteur écrit que (je traduis) « nous sommes entourés de données et les employés, les dirigeants ou les citoyens doivent savoir trouver du sens dans toutes ces données car sinon leurs décisions ne seront que des intuitions. L’article cite un « data scientist », Luis Serra Díaz-Cano, pour lequel la data literacy correspond à deux éléments :

  1. savoir quelles données on génère dans notre vie quotidienne en interagissant avec des supports digitaux et des réseaux sociaux ;
  2. savoir récupérer les informations en provenance des données dont on dispose.

Selon cet article (je traduis), « les gens peuvent être destinataire de rapports qui contiennent des données et ils peuvent même être capables de lire ces rapports et en tirer des conclusions efficaces, mais ils ne savent pas ne savent pas faire la relation avec les données qui soutiennent le rapport et ne peuvent donc pas utiliser ces données pour coopérer ou innover afin d’en tirer d’autres informations. Il y a un manque d’état d’esprit correspondant à une « pensée des données » (« data thinking mindset » en anglais). Une personne parle couramment une langue lorsqu’elle pense dans cette langue. C’est la même chose pour les données. Penser les données devrait devenir une partie intégrante de notre façon de vivre et d’argumenter. Mais on ne peut pas développer une mentalité « données » avec simplement un stage de deux jours sur un outil d’informatique décisionnelle… »

Comment évaluer et améliorer la data literacy d’une organisation ?

Les sources citées précedemment proposent les ressources suivantes, toutes en anglais :

Alors, sommes-nous illettrés ?

Un article du Figaro, en juin 2018, « Les compétences numériques des salariés français sont faibles »  indique que une étude auprès de 1000 actifs français représentatifs  « aborde huit ensembles thématiques précis allant de la cybersécurité, à la data, en passant par la culture web, l’e-commerce ou encore le web-design. Or, sur 1000 points, les salariés français obtiennent le médiocre score de 291 en moyenne, soit un peu moins de 3/10, avec 40% de réponses de «je ne sais pas» pour l’ensemble du QCM. Et ce, quelles que soient les générations… ».

Le « Data literacy Project » indique que 76% des dirigeants clés n’ont pas confiance dans leurs capacités à lire, travailler avec, analyser et critiquer les données ;

Je crois bien que oui, il faut admettre que nous sommes illettrés et qu’il est grand temps d’y remédier !

intelligence !

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