Changer, c’est bien plus facile à dire qu’à faire… C’est pourtant une nécessité dans nos entreprises. Voici donc les 10 états d’esprit qui peuvent faciliter le changement et la réussite.

Changer, ce n’est pas si facile que ça…

Patrick dirige son entreprise depuis 10 ans déjà. Il a bien conscience que le monde change et il voudrait que ça se voit dans son organisation. Pourtant, les changements sont infimes, tout le monde reste ancré dans les méthodes du passé. Patrick a beau annoncer des projets et apprendre à mieux manager, il n’y arrive pas.

Patrick doit dépenser une énergie considérable à convaincre de l’intérêt des projets. Lorsqu’enfin le projet paraît lancé, il s’enlise et n’aboutit pas. Et les résultats sont également mauvais lorsque Patrick impose un nouveau fonctionnement.

Tout se passe comme si l’entreprise était engluée dans les habitudes. Patrick se demande bien comment il va pouvoir faire évoluer son entreprise.

Et si ça venait de notre façon de penser ?

En discutant avec Patrick, on se rend compte que lui et son équipe ont certaines habitudes :

  • Lorsqu’on veut faire quelque chose, il faut que le projet soit bien ficelé. On ne fait rien tant qu’on n’est pas certain que ça va fonctionner comme on voudrait.
  • On est persuadé qu’il y a d’excellentes raisons de faire comme c’est actuellement.
  • Lorsqu’un problème survient, on le traite pour éviter ses conséquences mais on n’agit pas immédiatement pour le résoudre durablement.
  • Les idées d’amélioration sont le résultat du travail de quelques-uns. Ils étudient soigneusement les choses avant de proposer la solution. La plupart du temps, les améliorations passent par des investissements.

Je ne crois pas qu’on puisse critiquer ces habitudes.  Après-tout, il y a des gens payés pour optimiser le fonctionnement de l’entreprise et il n’est pas question de changer si on n’est pas certain que ça va générer des progrès.

Pourtant, ces habitudes sont souvent un frein au changement. C’est pourquoi je vous présente dix états d’esprit différents. Ces états d’esprit peuvent réellement libérer le potentiel de votre entreprise.

Les 10 états d’esprit Kaizen

(1) Abandonner les idées fixes, refuser l’état actuel des choses ;
(2) Au lieu de dire ce que l’on ne peut pas faire, réfléchir comment faire ;
(3) Réaliser aussitôt les bonnes idées d’amélioration ;
(4) Ne pas chercher la perfection, gagner 60% maintenant ;
(5) Corriger l’erreur immédiatement, sur place (faire bien du 1er coup) ;
(6) Les difficultés et contraintes sont sources de progrès ;
(7) Chercher la cause réelle (5 pourquoi) et chercher ensuite la solution ;
(8) Les idées de 10 personnes valent mieux que l’idée géniale d’une seule;
(9) Essayer et ensuite valider ;
(10) L’amélioration est infinie, il n’y a pas de limites.

Abandonner les idées fixes, refuser l’état actuel des choses ;

Cessons de penser que ce qu’on fait est bien en l’état. Remettre en cause le fonctionnement de manière systématique est un excellent moyen de trouver des pistes inédites de progrès. Voir par exemple La poubelle qui valait de l’or.

Au lieu de dire ce que l’on ne peut pas faire, réfléchir comment faire ;

Nous avons tous participé à des discussions dans lesquelles quelqu’un propose quelque chose et d’autres disent immédiatement que ce n’est pas possible. L’idée est tuée dans l’œuf et personne n’explore ses possibilités.

Upside down humboldt bay eureka drain

Lorsqu’une idée est proposée, commençons donc par nous demander comment on pourrait faire pour la réaliser et interdisons nous de penser que ce n’est pas possible !

Réaliser aussitôt les bonnes idées d’amélioration ;

Ca paraît évident, mais…. Il faut demander l’autorisation ou il faut étudier soigneusement les conséquences. Dans les faits, il est très rare que les bonnes idées soient mises en œuvre immédiatement. Et la cause en est souvent le perfectionnisme.

Ne pas chercher la perfection, gagner 60% maintenant ;

Avec cet état d’esprit, on peut mettre en œuvre les bonnes idées immédiatement. Le plus simple est alors d’appliquer le 9ème état d’esprit : essayer puis valider.

Corriger l’erreur immédiatement, sur place (faire bien du 1er coup) ;

Cessons d’accepter que des anomalies surviennent et qu’il faille les corriger plus tard. Lorsqu’on vise un taux de qualité très faible (quelques défauts par million de pièces finies !), on est obligé d’apprendre à faire bien du premier coup.

Les difficultés et contraintes sont sources de progrès ;

Un client exigeant est souvent une chance pour une entreprise car il l’oblige à progresser. Mais si vous n’avez pas cette chance, vous pouvez vous créer des contraintes en interne. Par exemple, dans une entreprise, nous avons créé des standards pour autoriser le démarrage d’une série. Ainsi, il était interdit de démarrer l’assemblage du produit sans avoir validé une brève check-list. Au début, on démarrait quand même la production (sinon on n’aurait vraiment rien sorti de l’usine !) mais on hissait un drapeau rouge dans l’atelier concerné. Ce drapeau rouge signifiait « nous avons l’air de travailler mais en réalité, on s’occupe ! ». Lorsque le drapeau rouge était levé, le rôle du chef d’équipe était d’aller résoudre le problème. C’est ainsi qu’en deux mois, 95% des produits à assembler contenaient tous les composants nécessaires. Ce taux était à moins de 30% au début de l’expérience.

Chercher la cause réelle (5 pourquoi) et chercher ensuite la solution ;

Lorsqu’une entreprise démarre une démarche d’amélioration continue, la première difficulté est souvent que tous ont tendance à chercher des solutions avant même d’avoir défini clairement le problème. C’est alors le plus fort qui impose sa solution et elle est rarement bonne. L’exemple d’un monument couvert de fientes d’oiseaux l’illustre bien : La fin des mauvaises solutions avec les 5 pourquoi !. La méthode de résolution de problème est décrite dans 5 actions pour améliorer durablement une situation.

Les idées de 10 personnes valent mieux que l’idée géniale d’une seule ;

Les idées géniales sont rares. De plus, les idées géniales sont rarement simples et applicables. Je suis toujours stupéfaite par la puissance d’un groupe de 5 – 6 personnes issues de divers secteurs de l’entreprise et de tous les niveaux hiérarchiques.

Essayer et ensuite valider ;

Cet état d’esprit facilite énormément le changement. Il est difficile de s’opposer à un essai, surtout s’il est bien clair qu’on attend de chacun qu’il contribue à son amélioration et à sa validation. Essayer plutôt que de mettre en œuvre immédiatement, c’est un excellent moyen de favoriser les 9 autres états d’esprit.

L’amélioration est infinie, il n’y a pas de limites.

Cessons de croire qu’on améliore une bonne fois pour toute ! On peut toujours aller plus loin et faire des progrès gigantesques après d’autres progrès gigantesques.

Allons-y !

Essayons de mettre en œuvre ces 10 états d’esprit. Acceptons de ne pas y arriver parfaitement dès le début, mais commençons !

Qu’en pensez-vous ?